L'art de la restauration : Comment redonner vie à un abat-jour en contrecollé ?
- mathildevalleateli
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture

Ne jetez plus vos vieilles lampes !
Nous avons tous chez nous, ou dans le grenier de nos grands-parents, cette vieille lampe au pied magnifique mais dont l'abat-jour a triste mine. Le tissu est taché, le plastique intérieur jauni, craquelé, voire tombe en miettes dès qu'on le touche.
Souvent, le premier réflexe est de tout jeter. Quel dommage ! Dans mon atelier, je considère que la lumière est l'âme d'une maison.
Aujourd'hui, je vous emmène dans les coulisses d'une restauration d'abat-jour en contrecollé. Vous allez voir qu'avec un peu de savoir-faire, on peut faire des miracles.
Le "Contrecollé", c'est quoi exactement ?
En abajouristerie, il existe deux grandes familles :
L'abat-jour couture : Le tissu est tendu ou plissé puis cousu directement sur la structure (comme la collection Les Cousus).
L'abat-jour contrecollé : C'est la technique moderne et épurée que j'utilise pour mes collections Le Phare ou L'Escale. Le tissu (ou le papier) est collé sur une feuille de PVC rigide appelée polyphane, puis fixé sur les cercles métalliques.
Le problème des abat-jours vintage ? Le vieux polyphane "cuit" avec la chaleur des ampoules à incandescence de l'époque. Il brunit et devient cassant. Il est alors temps d'intervenir.
Étape 1 : Le démontage
C'est l'étape où l'on fait table rase. Pour restaurer un abat-jour, on ne "répare" pas le vieux papier : on le change intégralement. L'objectif est de récupérer la carcasse.
Les cercles métalliques (le haut et le bas) sont souvent d'une qualité bien supérieure à ce qu'on trouve dans le commerce aujourd'hui. Il faut donc décoller l'ancien revêtement, gratter les résidus de colle et nettoyer le métal pour le remettre à nu.
L'œil de l'artisan : Parfois, on découvre des formes de carcasses incroyables (ovales, carrées, formes "diabolo") qu'il est impossible de retrouver aujourd'hui. C'est là toute la valeur de la restauration !
Étape 2 : Le Patronage et la Découpe
Une fois la carcasse nue, il faut redessiner le patron.
Si l'abat-jour est cylindrique, c'est assez simple : un rectangle dont la longueur est égale au périmètre du cercle + une marge de recouvrement.
Si l'abat-jour est conique (forme Empire), c'est de la géométrie ! Il faut calculer le rayon de courbure exact pour que l'abat-jour tombe parfaitement droit.
Je découpe ensuite le polyphane (souvent blanc, transparent ou doré pour réchauffer la lumière) et j'y applique le tissu choisi. Coton, lin, papier peint... tout est possible ou presque !
Étape 3 : Le Roulage (Le moment de vérité)
C'est l'étape la plus technique. Il s'agit de "rouler" la carcasse sur le panneau rigide préparé. Le geste doit être sûr : si on part de travers, tout l'abat-jour sera bancal. Une fois le panneau fermé, on effectue le "bordage" : on replie le surplus de tissu autour des cercles métalliques pour une finition nette.
Étape 4 : Les Finitions
Un abat-jour n'est pas fini tant que ses bordures ne sont pas habillées.
Pour masquer le métal et le bord du tissu, j'applique une finition :
Une soutache (un petit galon fin) pour un rendu discret.
Un biais de tissu pour un look moderne et coordonné.
Des franges ou des passementeries pour un style rétro assumé (comme sur ma collection L'Ondine !).
Le Résultat : Une pièce unique
Votre lampe conserve son histoire, son pied d'origine, sa forme singulière, mais elle éclaire comme au premier jour. Plus de plastique jauni qui ternit la lumière !
Vous avez une lampe de famille qui mérite une seconde jeunesse ? Ne la laissez pas dormir au grenier. Dans mon atelier en Normandie, je peux restaurer vos abat-jours sur-mesure en utilisant vos tissus ou ceux de ma sélection.










Commentaires